Je remarque une chose. Déjà, ça fait longtemps que je n’ai pas updaté ce blog, mais c’est parce que je me suis remotivé à travailler sur mon roman. Ensuite (mince, ça fait déjà deux choses là), je n’ai pas encore parlé de musique sur ce blog. C’est assez difficile d’écrire sur la musique je trouve, parce que c’est plus du domaine du ressenti, de l’inconscient presque, que de la vulgaire critique objective. Alors je ne vais pas forcement citer des milliers de groupes, de genre ou que sais-je (mais un peu quand même), il y aura quelques trucs à écouter, surement, et ça sera plus une sorte de compte rendu globale (et passionnant, c’est évident), de pourquoi j’aime la musique que j’aime, et pourquoi vous devriez l’aimer aussi, si vous êtes comme moi (j’en doute, mais quand même).
Ils arrivent ...
Si on y réfléchit quelques secondes (de longues minutes pour les plus lents d’entre vous), on arrive à trouver un sentiment qui nous fait aimer une chanson. Pour ma part, la quasi-totalité des chansons que j’aime me donne une impression de puissance, de l’épique, quelque chose qui me retourne l’estomac, qui me donne les larmes aux yeux, pas parce que c’est triste, (parce que quand une chanson (ou tout autre chose) a pour but d’être triste c’est automatiquement du vomi glougloutant de larve frelatée ayant fricoté langoureusement avec dans l’ordre et parfois en même temps : du miel périmé, une marmotte qui pleure, un petit chien malade et Hayao Miyazaki) mais parce que c’est beau et grand. J’aime la musique quand elle ressemble à une horde barbare lancée sur les muraille d’une cité à l’agonie, quand elle ressemble à un tremblement de terre pendant un orage et une éruption volcanique, mais aussi quand elle ressemble, à l’aube d’un matin froid et sec, au sourire d’une jolie rousse vu furtivement par la fenêtre d’un appartement où des chats s’endorment, à travers les yeux embrumés d’une gueule de bois, certes molle et embourbée, mais qui nous fait nous sentir vivant (au travers du sourire de la jolie rousse, parce qu’avoir l’impression d’avoir la bouche remplie de purée Mousseline faites avec de l’huile de vidange est une chose peu agréable). Grand et beau sont deux adjectifs qui donnent puissant une fois accouplés, pour moi. Une sorte de vertige mental, sans la peur. (Cette dernière phrase n’était pas un coming-out, merci de respecter mon lyrisme d’une façon neutre).
Il y a quatre genres de musique qui font cet effet chez moi. L’un, de façon brutal, des choses qui me donne envie de détruire mon appartement avec ma batte de cricket (j’ai une batte de cricket pas parce que je joue au cricket, mais parce que j’ai toujours rêvé d’avoir une batte de cricket, ce qui est une bonne raison d’avoir une batte de cricket. Et aussi contre les zombies). L’autre, c’est la version rousse, celle qui me donne envie de tomber amoureux immédiatement. L’avant dernier, c’est celui qui me fait me sentir invincible, plus décalée, plus subtile aussi, une sorte de cocaïne musicale. Le dernier c’est celui de l’ambiance. Il amène un flux de choses avec lui et redécore une pièce en quelques secondes.
Parlons du plus bourrin, celui que j’écoute le plus au final, le ravageur d’estomac. La source première reste la musique électronique dansante, en général. Quand je parle de tremblement sonique, ce n’est pas un vulgaire David Guetta qui arrivera à me le procurer. Ce sont des gens comme MSTRKRFT, the Prodigy, Ratatat ou Boys Noize. Des choses aux basses profondes, aux rythmes rapides, à la batterie frétillante et juste au son gros. C’est un plaisir assez régressif au final, assez guerrier, mais bordel, j’aime quand d’un seul coup, au détour d’un pont distillant gentiment un soupçon de la mélodie, le tout se tait, une cymbale gigote et d’un coup notre amie la grosse caisse vient tambouriner mes intestins en sublimant la simplicité pugnace d’un synthétiseur bien ajusté, et puis quand les rebonds d’une ligne de basse viennent saupoudrer de gras les rythmes de la musique, mon corps s’agite et mes neurones dansent.
Ce qui est étrange, c’est que je n’aime pas forcement danser. J’aime danser comme un abruti, une danse de pure jouissance enfantine, sur ce genre de musique. Certaines formes de rock peuvent me donner ce genre de sensation mais c’est rare. C’est la partie metal qui est la plus généreuse, mais j’ai énormément de mal avec les voix dans ce genre. Citons tout de même Motörhead ou Dragon Force (et je n’ai même pas honte du dernier, je vous ai déjà dit que c’était un plaisir régressif). Ha si, il y a aussi le Punk Celtique.
Bon, des exemples non d’un prépus.
Un clip pour le Punk Celtique, pas trouvé sur Deezer.
Le deuxième genre est nettement plus tendre. Ce n’est pas de la chanson d’amour, c’est de la chanson puissante mais lente. Une sorte d’énorme bourrasque primordiale, qui emporte à peu prés tout. Je chiale comme un con si j’entends ce genre de chanson dans la bonne ambiance (dans le bus le matin, par exemple, même si ça fait des plombes que je n’ai pas pris un bus). Il y a surtout du David Bowie, et puis du Velvet Underground, du Simon and Garfunkel, du Joy Division.
Le dernier genre est vraiment moins définissable. C’est le genre parfait pour marcher. Vous savez, quand vous avez votre casque, que vous êtes dans la rue, qu’il y a des gens et que vous avez l’impression d’être au dessus de tout le monde. Vos pas s’accordent à ce que vous écouter, d’un sourire vous ravagez tout, c’est classieux, original, vous êtes beau. Ce genre de musique. Il y a de tout. Vraiment.
Enfin, le dernier est à écouter chez soi, seul, avec de l’alcool, c’est mieux. Ce sont les musiques d’ambiances, mais pas de la loundge moisie, nan, du Rock Indé Canadien, de l’expérimental Islandais et du Dubstep. ( je n’ai mis que deux chansons parce que Storm doit faire dans les 30 minutes).
Et puis, il y a un artiste qui arrive tout seul à faire les quatre. C’est un véritable fourbe, il est anglais, il s’appelle Aphex Twin. C’est Dieu, c’est tout. Il n’y a presque rien de lui sur Deezer, donc vous allez subir Youtube. Dans l’ordre des genres.
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